Qui dit qu'il faut manger le Mammouth en une fois ?

La culture de l’instantanéité dans laquelle nous avons été littéralement propulsés nous a malheureusement conduit à vouloir que les changements que nous souhaitons voir dans notre vie apparaissent avec la même rapidité que la messagerie instantanée ou les réponses à nos questions sur google.


Or, nous ne pouvons pas obtenir de changement important sans un minimum d’investissement : en temps, en actions, en créativité, en argent, …


Nous renonçons alors avant même d’avoir commencé et finissons par déambuler dans notre propre vie, comme des zombies, trainant notre mal-être avec nous, le compensant par des mécanismes comme la nourriture, la boisson, la surcharge d’activités et de loisirs pour oublier.


Et pourtant, si nous ne pouvons, la plupart du temps, atteindre ce à quoi nous aspirons, en un instant, quelques jours ou quelques semaines, avons-nous jamais considéré ce dont nous sommes capables sur un an, plusieurs années, une ou deux décennies ?


Qui n’a pas dit : « Dieu que le temps passe vite ? C’est comme si c’était hier… » faisant référence à un souvenir d’il y a 5, 10, 20 ou 40 ans ?


Tu n’as jamais commencé


Je ne dis pas d’envoyer tout balader pour donner corps à ton rêve


Il se peut que n’en aies pas. Et c’est ok. C’est vrai, c’est limite culpabilisant, cette prose dans la presse, avec des titres comme « changez de vie », « devenez qui vous avez envie d’être ! ». Ou même : « Devenez millionnaire ! ». Cela étant, il existe peut-être quelque chose que tu souhaites ardemment depuis longtemps et que tu repousses, par simple découragement à l’idée du temps et de l’énergie qu’il va falloir déployer.


Il y a quelques années, ma mère me dit qu’elle a vu une belle table ancienne en chêne massif et qu’elle aimerait tant l’acquérir, mais qu’elle n’a pas l’argent. Je me souviens lui avoir demandé :

- « Maman, depuis combien de temps as-tu envie d’acquérir cette table ?». Elle m’avait répondu :

- « 3 ans » (si je me souviens bien). Ce à quoi j’ai répondu :

- « Mettre 50 euros par mois de côté, ça serait possible, ça ? Combien ça fait, 50 euros X 36 mois ? ».

- « … ».


Si, au lieu de la rêver, elle avait mis ces 50 euros de côté chaque mois, probable qu’elle aurait pu se l’offrir, cette table.


C’est trop fou, c’est trop cher, ça prend trop de temps, ce n’est pas compatible avec la vie de famille, …


Quelle qu’en soit la raison, tu as repoussé le moment de t’y mettre vraiment. Découragé.e. à l’avance par le « comment ». Le comment qui ressemble à une montagne.


Ce besoin que nous avons tous de vouloir rendre le chemin aussi linéaire que possible, aussi linéaire que la ligne du temps de notre passé, de prévoir chaque pas, chaque étape, d’anticiper les écueils et les obstacles (surtout) et de s’assurer que nous aurons atteint notre objectif dans un temps imparti, que nous avons finalement imaginé de toutes pièces…


Et oui, nous anticipons en fonction de ce que nous savons et de ce que nous avons appris, sans jamais imaginer que cela puisse se passer autrement – alors que, soyons honnêtes, cela ne se passe jamais comme nous l’avions prévu de toutes façons.


Et pourtant, rien n’est figé, et heureusement. Et dans notre propension à anticiper, nous anticipons tout ce qui risque de ne pas aller, mais jamais nous n’envisageons le fait que cela soit plus facile, que cela prenne moins de temps que prévu.


Goethe disait :

« Tant que nous ne nous engageons pas, le doute nous tenaille, la possibilité de se rétracter demeure et l’inefficacité prévaut toujours.

En ce qui concerne tous les actes d’initiatives et de créativité, il est une vérité élémentaire dont l’ignorance a des incidences innombrables et fait avorter des projets splendides.

Dès le moment où l’on s’engage pleinement, la providence se met également en marche. Pour nous aider, se mettent en œuvre toutes sortes de choses qui sinon n’auraient jamais eu lieu.

Tout un enchaînement d’évènements, de situations et de décisions crée en notre faveur toutes sortes d’incidents imprévus, des rencontres et des aides matérielles que nous n’aurions jamais rêvé de rencontrer sur notre chemin…

Tout ce que vous avez toujours voulu faire ou rêvé de faire, entreprenez-le.

L’audace renferme en soi génie, pouvoir et magie. “

Et oui, le « pouvoir de l’intention ». . . S’engager dans une action, c’est un peu l’effet papillon. Une action a un impact, entraîne une chaine de réactions dont certaines vont te revenir sous formes inattendues peut-être, mais toujours contributives.


Commence maintenant


Qu’attends-tu ? De te réveiller un matin, de constater à quel point le temps a passé, et que tu as la sensation d’être passé.e. à côté de ta vie ? Tu n’as pas idée du nombre de clients de coaching que j’ai en face de moi et qui me répètent qu’ils n’ont pas vu le temps passer, qu’ils n’ont pas vu leurs enfants grandir, qu’ils ne parviennent même pas à tirer un bilan positif : à quoi ont-ils contribué ? Qu’ont-ils fait d’intéressant de leur vie, si ce n’est, qui de remplir des formulaires et les classer, qui d’optimiser des rendements d’investissements, ou de chercher des moyens de contourner les réglementations, d’augmenter la production pour faire juste plus de chiffres. La question, lancinante, revient sans cesse : en quoi est ce que j’ai été une contribution ? A quoi mon travail a-t-il vraiment servi ? Quelle différence est-ce que j’ai faite ? Et … « J’aurais dû me poser les bonnes questions ».


… Ai-je été utile ? …


Engage-toi pleinement


C’est que l’objectif semble à ce point éloigné que tu ne commences même pas.


Or, ce sont bien les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Une source ne s’est jamais arrêtée en se disant « Zut. Je ne suis même pas certaine que l’eau va parvenir jusqu’à la rivière, alors j’arrête ».


As-tu déjà vu le dessin animé Kirikou ? Il y a cette grosse bête, à l’intérieur de la source, qui boit toute l’eau et qui grossit, grossit, grossit à force de boire cette eau. Et bien, ne pas se mettre à la tâche, ne jamais commencer à faire ce pour quoi on est fait, ce qui nous appelle, ce vers quoi on tend, ce qui nous inspire vraiment, ça engendre une accumulation qui nous fait virtuellement (ou pas, d’ailleurs…) grossir, grossir, grossir…


On se remplit d’amertume ou de regrets ou de frustration ou d’insatisfaction ou d’ennui ou …


Prend une décision


Décide maintenant.


Décider, c’est déjà t’engager sur le chemin. C’est la première étape.


Faire le premier pas, c’est la deuxième étape. Quel est le premier pas que tu peux faire en direction de ce que tu veux dans ta vie ?